Madame Einstein et Monsieur Einstein étaient tous les deux musiciens, aussi.Mais c'est Madame Einstein qui a toujours dû composer.

Accroc dans la morale : Astucieux ce récit qui reprend l'écriture d'un journal par un narrateur qui, lui, on le sait d'avance, sera encore vivant à la dernière page du livre. Parce qu'on ne peut pas savoir précisément comment se terminera cette spirale, sauf qu'on se doute qu'on emploie rarement le mot spirale pour évoquer une ascension. Attention, ce livre a trop peu l'allure d'une fiction pour être lu pour se détendre, mais, s'il peut rebuter par la densité de ses 458 pages il regorge de très bons raccourcis de définitions, de sentences qui sonnent très juste, d'allusions culturelles qui aiguisent et aiguillent notre attention. On l'a compris en lisant le résumé de l'éditeur le monde du travail est vu ici avec une bonne dissection très contemporaine des rapports homme/femme, des tentatives d'évasion illusoires de la pensée, des accrocs au pouvoir du côté professionnel. M'est restée la sensation que l'accroc à la morale est inévitable, comme si une nouvelle mythologie était fondée par le système , enracinée dans les mythes initiaux. Peut-on quand même croire qu'on ne peut déchirer indéfiniment le tissu social ?

Comme un vinyle qu'on tourne à l'envers : Une image qui lui tourne la tête et qui lui rappelle celle qui a accepté de tourner pour lui . Il ne fait pas toujours bon de revenir en arrière, à la fois dans la mémoire et dans l'espoir. En tournant les pages de "Platines" le temps avance et recule, avec les notes transposées et les portraits juxtaposés, découvrant les improbables réalités du passé et le nouvel âge inespéré d'un écrivain. La nouvelle relation entre le vieillard et la jeune muse contient le risque d'être un trompe l'œil. Sur quel sillon se terminera la vision des cheveux blancs et la persuasion des cheveux blond platine ? En tournant la dernière page il y a une certaine satisfaction à découvrir la réponse.

A Puffigny les habitants ont la langue bien pendue et pour les décrire Franz BARTELT a la verve bien tendue. Dans cette histoire de croûte qui coûte, ce plat pays où sont chantés les champs de betterave n'a rien d'une platitude rurale et il fait bon gratter un peu pour découvrir ce que l'on peut déceler derrière ce balai de casiers de bière, pas si vierges que ça. Ah, ces braves gens pourraient être des gens de rien, mais ce sont des gens de bien, de bien des surprises qui nous tiennent en haleine. Merci pour ce livre, qui ne déçoit pas l'impatience que j'avais de le lire.

Le travail d'un musicien, c'est de jouer. Romain VILLET, on a d'abord l'impression qu'il joue avec nous dans son écriture, puis il joue tant avec les mots que nous nous prenons au jeu de cette passion pour Oscar. Nul doute que la finesse de l'humour en cascade y est pour beaucoup, dans notre jubilation tout au long de chaque page.

Belle écriture d'une personne qui devient personnage.

Comment se fait-il qu'un auteur qui s'engage personnellement finit par emballer tous les lecteurs qui se sont emparé de ces pages ? Peut-être à cause de la sincérité et d'une modestie non feinte qui a fait naître une finesse et une justesse d'observation et de réaction si humaine.

Ce livre vient de faire la une des médias alors qu'il a été publié en 2002. http://www.courrier-picard.fr/140444/article/2018-10-05/lecrivain-que-des-lyceens-de-haute-somme-ne-voulaient-pas-lire Dommage que l'on ne parle en ce moment que de son actualité alors qu'il vaut surtout par son contenu, dans le fond, sans militantisme, et dans la forme.

Au fur et à mesure des pages se tisse solidement toute l'explication, jalonnée par les personnages qui ont fait des choix, prétextant que leurs décisions étaient celles qui s'imposaient. Mais les faux semblants des discours ont caché bien des justifications, masqué que le monde de la finance livrerait pieds et poings liés tout un peuple et les générations à venir. Quoique là non plus il ne faut pas être crédule. Au-delà de la liste des noms des responsables, rencontrés par l'auteur, ce sont des millions de situations humaines dont on ne parle pas, mais qui trinquent et trinqueront.

Imaginons que j'aie des a priori et que j'explique comment mes idées se sont déplacées. Bien. Voilà ce qui constitue le fond de l'histoire de ce roman, catalogue de produits de beauté et de bijoux, qui produisent des nantis contrefaits. Derrière une volonté de faire rire j'ai trouvé dans ces pages un âgisme d'un autre âge. Quelqu'un ayant plus de 60 ans, parce que les protagonistes ne sont pas réellement vieilles, aurait obligatoirement une mine dépressive. Mais quelle surprise, ces colocataires, servies par des domestiques zélés, aiment plaisanter, bien boire et bien manger, en se moquant et en revenant sur le passé. Je n'ai pas trouvé les personnages sympathiques et j'ai buté sur la liste de titres de films que l'auteur a dû préparer pour les caser au fur et à mesure des expressions. Le fait qu'un tel livre soit édité peut laisser espérer à des collégiens, auteurs en herbe, d'être publiés. L'auteur qui, j'espère pour lui, n'a pas eu trop de peine à remplir des pages, a jugé bon de multiplier les détails sexuels pour que le bouche à oreille fasse acheter ce titre. Mais rassurez les prudes. Rien n'est sexy. Par contre le fond des idées est indécent, en n'imaginant pas que la souffrance pourrait venir d'autre chose que de se sentir vieillir, et en présentant quelques aspects de cougarisme à la limite du racisme.

Comme un prequel chaque livre d'Aldous HUXLEY porte en germe le contenu de son livre le plus connu "Le meilleur des mondes". J'avais déjà lu et j'ai relu avec intérêt cet ouvrage qui fait voir notre nouveau monde comme devant nous jouer plus d'un tour.

Jeanne d'Arc s'éteint et l'étincelle de François VILLON va allumer la poudre de la délinquance rebelle. L'Histoire de France prend ici tout son relief dans l'odeur charnelle des vies pétries et hachées comme de la viande. C'est la début de la poésie populaire inséparable de l'aventure de truands trucidant à tour de bras. Je ressors de cette lecture avec des images de moignons et des odeurs d'oignon.

Si vous cherchez de l'humour, allez dans l'esprit du livre et recherchez, recherchez. Mais vous risquez de trouver que soit c'est l'absence d'humour incarnée soit c'est un livre qui n'est lui-même qu'une grande farce mystificatrice. Si vous aimez les mystères et les tunnels de la pensée, l'ésotérisme entassé de références culturelles judéo-chrétiennes, vous suivrez ce voyage initiatique, avec tics et tiques, et peut-être du toc. Peut-être ? Là est mon interrogation. Après l'effffort d'avoir lu jusqu'au bout j'en garde quelques curiosités à raconter, mais je n'ai pas vu le bout du tunnel.

On aime bien les justiciers au cinéma. On est dépités par les députés. On est décapités par les chefs qui regardent de haut les juges. Vous serez sereins en vous procurant ce livre du procureur, qui n'en n'a cure des pressions et des impressions. Il n'est jamais trop tard pour se faire du bien en constatant qu'il y a des hommes de bien, juste quelqu'un de bien, juste.

Il y a ceux qui préparent leurs valises un mois avant de partir en vacances. Il y a ceux qui se décident à la dernière minute pour partir en vacances. E l il y a ceux qui vivent comme en vacances toute la vie, pensant que ça ne sert à rien de se dire sans cesse "vivement dimanche, vivement les vacan